Conscientes des enjeux, et de plus en plus sensibles aux aspects esthétiques, les municipalités doivent agir à leur niveau. La ville, si elle veut éviter que ses habitants soient tentés de s'en éloigner, doit répondre à leurs attentes : la maîtrise du développement urbain passe par la qualité de vie qu'elle leur offre. Cette qualité conditionne en effet la façon dont les citadins perçoivent leur cadre de vie. Les lignes aériennes, les pylônes portent atteintes aux paysages urbains. Leur enfouissement ou leur dissimulation constitue un volet important des opérations de requalification du cadre de vie. L'effacement des désagréments visuels qu'elles provoquent améliore l'esthétique des villes et la lisibilité des éléments architecturaux. Ils sont réalisés en priorité dans les centres villes et les secteurs touristiques. Les tempêtes exceptionnelles de décembre 1999 ont également montré l'intérêt de l'enfouissement des réseaux : ceux-ci sont davantage protégés des intempéries, que les réseaux aériens. Ils assurent la continuité du service aux usagers, comme l'alimentation en électricité, la desserte téléphonique ou l'éclairage public. Ces travaux de génie civil peuvent contribuer efficacement au financement de la fibre optique, élément indispensable à la mutation vers le très haut débit Internet.

Quel est le principal critère de choix des Français lorsqu'ils changent de ville ? Tout simplement, comme le constatent les experts de l'Insee qui se sont penchés sur les mouvements de population entre 1936 et 1999, « ce sont les fleuves et les côtes qui attirent les populations ». Constat confirmé par la Datar, qui note, « à la lumière du dernier recensement, la forte attractivité du soleil, du littoral et de la montagne sur les mouvements de population observés au cours de la période 1990/1999 ». Rien de hasardeux à ce que Tours et Angers sur la Loire, Caen sur la côte normande, La Roche-sur-Yon en Vendée ou encore Grenoble et Chambéry, au coeur du massif alpin, soient bien placées. Mais le plus étonnant est que les entreprises françaises et étrangères ont embrassé ce mouvement : « Jadis, les cerveaux suivaient les entreprises, notent les experts de la Datar. Désormais, les entreprises suivent les cerveaux. » Encore faut-il que les villes se soient organisées pour accueillir ces changements. « Depuis vingt ans, nombre de cités regagnent en vitalité mais aussi en hospitalité ... Elles privilégient en général l'authenticité au coeur de la modernité : art de vivre, loisirs, espaces verts, silence. Cette France redécouvre les anciennes diversités, met ses sites en valeur, lie avec bonheur ses vieux quartiers restaurés avec des zones high-tech, TGV, aéroports », écrit le patron de la Datar, Jean-Louis Guigou ; autant d'atouts « attractifs pour les hommes comme pour les entreprises ». A l'inverse, la sanction est rude pour celles qui n'ont pas réussi à anticiper cette demande de qualité de vie et à s'organiser pour profiter du boom économique : on retrouve ainsi, dans les toutes dernières places du classement, des villes comme Béziers. Preuve que le soleil, à lui tout seul, ne suffit pas à rendre une ville attirante.

textederemplacementEn résumé, la préservation et la mise en valeur des paysages imposent, à toutes les échelles, le respect des textes réglementaires, une formation spécifique des décideurs (les élus), un développement des métiers du paysage, une utilisation accrue des compétences des professionnels mais aussi la sensibilisation et l'éducation de l'opinion publique. La ville d'Olivet, particulièrement mal notée dans L'Encyclopédie des Villes de France serait bien inspirée de s'attaquer, dès maintenant, à cette requête légitime.

Région Centre: Présever la qualité du cadre de vie, un objectif prioritaire


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